



Aujourd'hui, depuis la fin de la guerre, des contacts avec les pays d'Outre-Rhin ont été noués. Aussi, à défaut des dates du grand pèlerinage, on y vient en tout temps de l'année. Tels, par exemple les 16 et 17 mai 1985, où trois cars amenèrent 150 fidèles rhénans. « Un témoignage d'amitié entre deux nations », comme le titrait Albert Leroy, journaliste à La Voix du Nord, son dernier article avant son proche décès. En janvier 1985, raconte-t-il, l'abbé Charles, alors curé de Saint-Josse, avait reçu la visite de l'abbé Bruno Strickstrock, curée de deux paroisses indépendantes, mais incluses dans l'agglomération de Sinzig, près de Bonn. Il venait dans l'intention d'organiser un pèlerinage pour le patron de sa ville, Josse. Ainsi, arrivés la veille, précédés de leur bannière, ils pénétrèrent dans l'église en chantant un cantique en l'honneur du célèbre prince breton évangélisateur du Ponthieu. Le programme de la messe, ajoute le journaliste, était prévu de telle façon que les chants liturgiques étaient interprétés alternativement en français et en allemand, par Mme Soudain, organiste, et son homologue allemande, titulaire de la double paroisse. L'homélie avait été prononcée par le prêtre allemand en français, qu'il maîtrisait très bien, mais non sans humour au départ, en annonçant « qu'elle serait courte, car Outre-Rhin, les sermons sont généralement longs... ».
Si par la suite le crédo fut chanté en latin par les deux communautés, seule la chorale rhénane interpréta le Sanctus en polyphonie. La célébration achevée, l'abbé Stryckstrock présenta alors les deux maires des paroisses. Et de remettre à l'abbé Charles les cadeaux offerts à son église : tout d'abord un vitrail très artistique formant un tryptique représentant saint Josse (au centre), saint Pierre, patron de Hökndorf (à gauche), et saint Georges, patron de Westrum (à droite).
Ensuite l'ensemble des pèlerins fit don d'un remarquable cierge orné d'une enluminure, d'une inscription portant la date du pèlerinage et d'un très beau plat en étain décoré du blason de la région de Sinzig. Au cours de l'après-midi, les Rhénans reprirent la route du retour en passant par Liège et Aix-la-Chapelle. Et Albert Leroy d'ajouter : « Ils comptaient arriver vers minuit chez eux, mais ce fut une véritable expédition, épique même, car on apprit que leur voyage avait été perturbé par la neige et le verglas, si bien qu'ils sont parvenus à destination à 10 h du matin, tous sains et saufs et plus heureux que leurs compatriotes de Lubeck, sur la Baltique, attaqués près d'Hesdin le 6 juin 1389, alors qu'ils venaient en pèlerinage à Saint-Josse pour le dimanche de la Trinité. »
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