









Président depuis 2004 de l'Université du littoral, Edward Anthony ne se prononce pas encore sur son éventuel futur mandat. : La Voix du Nord À ses heures perdues, quand certains font du bricolage, lui pense au transit des vases amazoniennes sur le littoral guyanais, ou aux galets de Picardie. Plus près de nous, à l'évolution des plages et des sédiments dunkerquois. Normal, ceci dit, pour un géographe physicien. L'actuel président de l'Université du littoral Côte d'Opale (ULCO) est cet homme-là, qui jongle entre les rendez-vous, s'attache à ce que le futur contrat quadriennal de son établissement avec l'État se négocie bien, pilote un laboratoire de six personnes - « une petite équipe très soudée » - en géomorphologie et voit la vie étudiante dunkerquoise sous un angle inédit depuis que l'une de ses grandes filles fait partie des quelque 11 000 étudiants de l'ULCO.
Edward Anthony, 51 ans, ne cache pas qu'il se réserve le droit de ne pas proposer à son conseil d'administration, en 2009, de repartir pour un nouveau mandat de cinq ans. « Je verrai le moment venu, dit-il. Il y a d'autres chantiers à mener. » D'origine libanaise (père avocat et mère au foyer), Edward Anthony est arrivé en France à 21 ans, après avoir débuté ses études en Sierra Leone « dans la plus ancienne université d'Afrique de l'ouest, elle date de 1825 », tient-il à préciser, d'où il ressort titulaire d'un « bachelor of arts » en 1978.
En métropole, il poursuit un doctorat de troisième cycle à Strasbourg sur le thème « Recherches géomorphologiques sur la région littoral du sud-ouest de la Sierra Leone ». Il sera ensuite chercheur contractuel dans divers organismes avant de devenir chercheur à l'UFR de géographie de Strasbourg I. Il y enseignera de 1984 à 1987. La suite du cursus est assez logique, mais brillante : assistant associé à l'université de Caen entre 1985 et 86, puis maître de conférence à celle de Nice jusqu'en 1994, date à laquelle il arrive à Dunkerque pour enseigner la géographie et l'évolution des littoraux. Sa passion le poursuit. À moins que ce ne soit l'inverse. « Dès mon arrivée, sous la présidence d'Alain Dubrulle, je me suis intéressé à la construction. Il y avait un département géographie à bâtir, il fallait mettre la main à la pâte, c'était passionnant, se souvient Edward Anthony. Des cursus à monter, un laboratoire à consolider, en faisant venir des collègues de l'étranger... Je garde un très bon souvenir de cette époque. » En 1999, il est appelé à la vice-présidence, au côté du président Daniel Boucher, et cinq ans après, il accède au fauteuil de « chancellor », comme on peut le lire en anglais sur les plaquettes de l'ULCO, qui se veut évidemment université multilingue, et forcément anglophone.
Aujourd'hui, l'université qu'il dirige, entouré de ses vice-présidents (Faustin Aissi, Bruno Bethouart et Roger Durand), est sur le point de réussir son challenge : « Passer en dix ans d'une université naissante à un établissement qui répond aux exigences ministérielles ». Et le président de n'oublier personne : « Tout cela se fait grâce au dévouement de tous nos personnels. » Dunkerquois, Edward Anthony ? L'intéressé, marié et père de trois filles, répond « oui » sans hésiter. « Je suis parvenu à lier des amitiés dans le travail, mais aussi à l'extérieur, sur tout le littoral ».
BENJAMIN CORMIER
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