









La «Valenciennoise» Notre-Dame du Saint-Cordon sur le parvis de la basilique du Rosaire. : La Voix du Nord À LOURDES, PAR MARTINE KACZMAREK
region@lavoixdunord.fr PHOTO BRUNO FAVA
Une bouffée nordiste de foi enthousiaste a soufflé sur Lourdes hier matin. La « Grande Visitation », pèlerinage autour de Notre-Dame du Saint-Cordon, la Vierge qui protégea Valenciennes de la peste en 1008, atteignait son but. La statue avait pendant plusieurs mois fait le tour du diocèse avant d'en sortir - pour la première fois depuis qu'elle existe - début août, dans le but de rejoindre Lourdes.
La cité mariale vit une année importante : le pape Benoit XVI s'y rendra les 13 et 14 septembre pour marquer le cent cinquantième anniversaire des apparitions. « Nous voulions associer ces deux moments forts », résumait Bruno Feuillet, recteur de la basilique de Notre-Dame du Saint-Cordon, en accompagnant la procession d'hier matin.
« Je voulais être là, la voir arriver ici, participer, bien entendu », commentait pour sa part Francis Dehaene, Valenciennois « exilé » à Lourdes depuis trente ans. Avec d'autres, également installés dans la région, il a tenu à porter la statue de 130 kilos vers son installation sur l'esplanade du Rosaire. Les trois mille pèlerins du diocèse de Cambrai ont rejoint le site, ainsi que des milliers de croyants venus du monde entier. Ils ont écouté avec émotion Mgr Garnier, archevêque de Cambrai. La statue a ensuite rejoint la basilique jusqu'à la procession du soir.
« Ça y est, c'est fait... Deux ans pour préparer cela ! » Christian Fromentin et son épouse, Claude, deux des chevilles ouvrières de l'aventure spirituelle qui a relié Valenciennes à Lourdes, affichaient un peu de fatigue mais beaucoup de sérénité. En équipe, ils ont orchestré les étapes, trouvant des hébergements, des lieux pour les veillées de prière. « Nous avons des souvenirs extraordinaires. Des personnes nous ont parfois suivis sur deux étapes, d'autres sont venues nous saluer avec curiosité », commentait Claude Fromentin.
Les jeunes, nombreux dans cette aventure, issus des quatre coins du diocèse de Cambrai, ont eux aussi vécu intensément le déplacement. Mardi soir, juste avant le grand jour, ils affichaient une fougue qui a surpris mais surtout conquis les paroissiens de Vic-en-Bigorre, dernière des villes étapes. « C'est ça la religion de demain ! », notait même l'un d'eux.
Très concrètement, demain, ce sont les bagages et le retour que prépareront les pèlerins avant de s'atteler à l'organisation de la journée du 14 septembre, date du Tour Saint-Cordon. Un moment fort pour tous les Valenciennois, qu'ils soient d'ailleurs croyants ou non : le rendez-vous est, depuis longtemps, pour la ville et ses habitants, une tradition.
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