









C'est ici, sur un ancien site minier, que sera implanté le Louvre-Lens. PHOTO DELPHINE PINEAU : La Voix du Nord Au centre régional de ressources audiovisuelles (CRRAV), on sait la région pleine de talents. Devant et derrière la caméra. Vincent Leclercq, le directeur, a vite accepté de cautionner le projet du réalisateur. Avec pertinence, comme il l'a déclaré lors de l'avant-première, devant cinq cents spectateurs au Colisée de Lens : « Dans ce documentaire, la culture est déclinée de façon étonnante et on en sort extrêmement touchés.
» Comment ne pas l'être ? Les perches tendues par Rémi et Bruno Vouters s'effacent devant les réponses des acteurs. En ouvrant leur antre, ils mettent en scène leur propre musée, laissant la caméra de Pascal Goethals effleurer avec pudeur leurs collections intimes. Mon Louvre à moi devait forcément mettre en scène Sophie et Héléna, ces deux « mamies » qui ont fait les yeux doux à Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture en 2004. C'est grâce à leur franc-parler si Lens et le Louvre sont unis.
Ces gens d'ici, habitant près du futur musée, vont très loin dans leur réflexion. Parfois inconsciemment, au profit de la prise de vues assez naturelle.
Alors on les emmène au Louvre à Paris. Le vrai ! Sans autres visiteurs. Vide. Les Nordistes seuls face aux oeuvres. Sur une musique originale, cela donne des images édifiantes, comme celle de Joël, le peintre, humble devant La Victoire de Samothrace, ou quand les rappeurs voient dans Le Radeau de la Méduse la pochette de Viva La Vida, de Coldplay...
Après leur passage étourdissant dans la capitale, on retrouve nos personnages dans leur univers : Louis et Sylvie à Bollaert, David et sa 406 tout droit sortie de Taxi 2, l'atelier de Jean-Marie, inspiré par l'Égypte, ou l'incroyable enchevêtrement de bibelots de Michel et Conceta, où figure une Joconde lumineuse. Avec ses fossiles, Serge, ancien mineur hélas disparu, relativise la notion de temps à travers les oeuvres de la nature et celles de l'homme. Émotion à fleur de peau... Jacques, lui, alterne peinture figurative et art abstrait, mais son copain Fred n'en a « rien à faire de ces artistes clamsés voilà trois cents ans », préférant l'ambiance soixante-huitarde de sa « Maison chez les autres » où chacun s'exprime librement.
Pascal Goethals « aime tourner pour rencontrer des gens ». Ce sont bel et bien eux qui créent les vibrations de ce documentaire réussi, poignant, avec en filigrane les conséquences positives de l'arrivée du Louvre à Lens. Pour les fondations, l'an prochain, promis : Sophie et Héléna seront là ! Autour de Mon Louvre à moi, on a souvent entendu : « On peut attendre beaucoup d'un musée, mais surtout des hommes. Ne nous oubliez pas ! » Un constat à méditer, émanant de personnes simples attachées à leurs valeurs, souhaitant devenir acteurs au sens propre.
FRÉDÉRIC CAMUS
> « Mon Louvre à moi », sur France 3 ce samedi, à 16 h 20, et dimanche à 0 h 15.
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